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Chronique de l’enquête-mystère #4

Avec le chef de secteur de l’enseigne, on voit chaque mois les résultats des enquêtes-mystère et des enquêtes de satisfaction. J’ai bon à tous les coups sauf sur un point, toujours le même, je ne propose pas de crédit sur la motoculture.

C’est pas faute de m’être fait expliquer qu’un crédit c’est de la marge en plus et un moyen de fidéliser le client, plutôt que de le laisser disparaitre dans la nature avec un achat comptant. C’est juste que, dans ce rayon, on est sur une clientèle de retraités qui préfère payer cash, parce qu’elle peut et qu’elle ne comprend rien aux revolving, crédit-bail ou location financière. Du coup, pourquoi faire des offres de crédit quand on sait qu’on va se faire bâcher à chaque fois ?

Sauf que pour mon chef de secteur, s’il y a une case sur un formulaire, c’est qu’il doit y avoir une croix dedans. A mon avis, ça se soigne. Mais bon, c’est son job et je dois reconnaître qu’il se défonce bien pour nous. Alors j’ai décidé de faire un effort. Pour lui faire plaisir et, un peu aussi, pour lui montrer qu’un « Oui » à la question : « Le vendeur vous a-t-il proposé une formule de financement ? » ne change ni le chiffre du magasin, ni la satisfaction du client. Tout faux.

Le premier effet, ça a été sur l’enquête de satisfaction. Allez comprendre mais le client qui refuse un crédit est clairement plus content que celui à qui on ne le propose pas. Quand on y réfléchit, c’est vrai qu’il y a des pub pour les financements partout dans le magasin et, que si on vous en parle pas, vous pouvez vous demander si c’est pas parce qu’on vous trouve l’air insolvable Le deuxième effet, même si j’aurais pu y penser tout seul, c’est que des crédits, à force d’en proposer, eh bien j’en vends.

Y a même un troisième effet. Je suis devenu une star dans le réseau, vu que mon cas a été posté sur le logiciel(*) de l’enseigne pour inspirer les collègues.

 

(*) le fil d’actualité du réseau social privé du logiciel d’animation de réseau RETAILY.